Assemblages luxueux en bronze chromé d’objets archétypaux simplement agrandis, collages, ready-mades où la seule intervention réside dans une immersion partielle dans un bain de peinture bleue ou rose layette, campagnes d’affichages aux contenus démagogiques ou cyniques, l’œuvre d’Arnaud Cohen semble aller à contre courant d’une tendance qui vise pour chaque artiste à la construction d’une marque, d’une signature identifiable au premier coup d’œil.
Le parcours de ce fils de collectionneurs est parfaitement atypique. Ce diplômé de grande école a fait ses premières armes chez Artcurial (en 1989) et dans le financement du marché de l’art (1990). En parallèle, a partir de 1993, Cohen, l’artiste, a d’abord travaillé sur le refus de la trahison de la mémoire, recouvrant ses murs puis ses toiles de penses bêtes de toute taille et de toute nature. Alors qu’il sentait débarquer d’outre atlantique la vague du politiquement correct, il fit également de même, « à des fins de conservation », avec les affiches de minitel rose qui couvraient les murs de nos banlieues dans les années 90. A ce travail sur la/les mémoires s’est rapidement ajouté un travail sur le sens : la mise en relation entre eux de ces penses bêtes hétéroclites, véritables traces de sens, firent évoluer les collages de Cohen vers une recherche visant à faire jaillir des vérités occultées de la confrontation d’objets en eux-mêmes anodins. Recherchant l’impact visuel maximum, Cohen utilise peu à peu dans son oeuvre des procédés volés au marketing stratégique, à la communication institutionnelle, et plus généralement à la publicité. Ce n’est pas un hasard, car cet artiste a prolongé longtemps une existence schizophrène : au tournant des années 2000, il était tout à la fois l’un des artistes de la prestigieuse galerie Marwann Hoss et cadre dirigeant au sein d’un des plus grands cabinets de conseil américains. En 2002, à 34 ans, il estime s’être donné suffisamment de moyens pour satisfaire son gout presque maladif de l’indépendance : Il renonce à sa Lotus de fonction, prend sa retraite de golden boy et part s’installer pour travailler à temps complet dans son immense atelier, une ancienne manufacture de couteaux dont il a fait l’acquisition dans le Poitou. Il y produit depuis des pièces de plus monumentales. La dernière en date, une bouteille de Coca-Cola de trois mètres de haut, percutée par deux avions de ligne.
Interrogé sur ce qui sous-tend son travail sur la forme comme sur le fond, Arnaud Cohen répond :
« Depuis mes premières œuvres exposées en 1997 à Art Brussels, mon travail a toujours conservé un lien étroit avec le collage. C’est pour moi la meilleure façon d’exprimer des idées neuves, de faire émerger d’apparences convenues une nouvelle évidence. En matière de collage, il s’agit aujourd’hui avant tout de collage voir de télescopage d’idées. A travers l’économie de moyens, je cherche à transmettre le plus efficacement possible le sens que je souhaite partager avec le regardeur. Ainsi, certains de mes travaux les plus récents on été conçu par ordinateur. Non pas pour les nouvelles prouesses plastiques offertes par cet outil mais pour profiter au contraire des avantages d’une pratique plastique de collage numérique à l’esthétique pauvre et simpliste. Une telle pratique me permet d’écarter toute tentation décorative qui au final ne manquerait pas d’affaiblir les idées que je cherche à développer dans et au travers de mon travail. A l’instar de Jeff Koons ou de Maurizio Catalan, je ne cherche pas à révolutionner les formes actuelles mais à opérer une révolution bien plus importante à mes yeux, celle d’injecter du sens à des formes plastiques trop souvent désertées. Petit fils autoproclamé des deux grands Marcels (Duchamps et Broodthaers), j’aime jouer avec les limites du périmètre autorisé. J'ai ainsi été jusqu'à concevoir et animer une campagne visant à parodier les liens ambigus de dépendance qui unissent bien des artistes français à leur institution. Cette campagne visait dans le même temps à interroger par l’expérimentation les mécanismes de la reconnaissance et leur impact normatif sur la production artistique même. Réponse du berger à la bergère, Olivier Kaepplin, notre Délégué aux Arts Plastiques, conclu fin 2006 sa visite d'une de mes expositions par ce Haïku : " Continuez à pisser sur l'institution, elle finira par acheter ! "

Exposition en cours :
Emergency Room Paris, Galerie Taïss                                                              

Dernières expositions :

22 au 30 Novembre : Art en Capital, Salon Comparaison, Grand Palais, Paris                    23 au 26 Octobre : SLICK Art Fair, Paris, avec la galerie W                                           22 au 26 Octobre : Art Elysées Fair, Paris, avec la galerie Suty                                     21 au 26 Octobre : Show Off Art Fair , Paris, avec la School Gallery
20 et 21 septembre : "10 sculpteurs à la Coutellerie" , Chatellerault                             29 Mai 26 Juin : Galerie Salvador, Paris, " 68 - TARD "
29 Mai 30 Juin : Biennale d'art contemporain de Cachan
19 Mai 25 Mai : Salon de Mai, Paris
5 Avril 25 Mai 2008: PARALLELES 5è biennale d'art actuel (B. Cte R.)
5 Avril 1er Juin 2008 : Puls'Art, Les Monumentoiles, Le Mans
25 Mars 19 Avril : School Gallery, Paris, "L'ART... EN EAUX TROUBLES"
Decembre 2007 : PooL Miami Beach 07, off Miami Art Basel, USA, Exposition Personnelle
Novembre-Décembre 2007 : Comparaisons - Art en Capital Grand Palais, Paris
Octobre 2007 : Galerie Xavier Nicolas, 16 rue de Lille Paris 7eme : "Shape Me Chic"
Septembre 2007 : New Art Center NYC, USA : "En Plein View, French Artists In New York"
Juin 2007 : Chatellerault, Ecole d'Arts Plastiques, réalisation d'une sérigraphie pour les collections publiques des Artothèques de Chatellerault, Angoulême et Poitiers (financement DRAC)
Juin 2007 : Curzay (86), le Chemin des Ateliers, Exposition Personnelle
Juin 2007 : Galerie Xavier Nicolas, 16 rue de Lille Paris 7eme : 30ème anniversaire du Carré Rive Gauche
Mai 07 : Salon de Mai, Paris
Novembre-Décembre 06 : Monumentoiles Pour La Rue, Le Mans (Sarthe), Exposition d’art numérique sur toiles géantes en extérieur
Novembre 06 : Salon MAC 2006, Paris, Exposition Personnelle
Juillet-Aout 06 : Humour et Critique dans l’Art d’Aujourd’hui, Palais des Congrès de St Jean de Monts (Vendée)
Juillet 06 : « Campagne JPR » avec Art-Process, Paris